Panta rhei - Toutes les choses coulent , 2025



© Daeseok An / Archives académie des sciences


« Panta rhei » est une célèbre affirmation du philosophe grec Héraclite.
Elle exprime l’idée que rien dans le monde n’est fixe ni immuable : tout, à l’image d’un fluide, se transforme continuellement au fil du temps.

Durant ma résidence à Nekatoenea, j’ai porté mon attention tour à tour vers le ciel, la terre, et les traces laissées par les êtres humains.
Le travail que j’y ai mené s’inscrit dans un mouvement de retour en arrière : une tentative de suivre le cours du temps, d’en lire les empreintes et d’en reconstituer les trajectoires.

Pour cette exposition, je présente une série d’œuvres inspirées des archives anciennes de l’Observatoire d’Abbadia.
J’ai été fascinée par le processus minutieux et rigoureux d’enregistrement de la position des étoiles : une démarche à la fois complexe et d’une précision presque poétique.
J’ai entrepris de consulter les documents conservés à l’observatoire, les textes qui les accompagnent, ainsi que des sources contemporaines, afin de reconstituer un langage — celui des astronomes d’autrefois — et de m’immerger dans la mémoire de leurs nuits d’observation.

En remontant ainsi le fil de leur travail, j’ai compris que leurs gestes eux-mêmes consistaient à hériter du passé pour inscrire, couche après couche, de nouveaux signes sur ce qui avait déjà été tracé.
Dans ces traces répétées, je perçois les efforts, les recommencements,


et surtout le flux immense d’un temps que nul ne saurait mesurer.






61 nuits, 280 bandes papier, 620cm x 510cm, installation variable, 2025